Oui, petits mortels, je suis là et bien là. Il m'a fallu une quinzaine de vos jours pour me remettre de mon week-end prolongé à Lisboa. Mon diablotin et moi y avons coulé quelques jours radieux. Une vraie découverte et un petit clin d'oeil à George et Dennis, nos petits démons pour ce séjour aux anges. Lisbonne, ce sont d'abord ces façades douces et colorées qui vous accueillent à chaque regard. C'est la lumière caline qui fait rosir le marbre blanc des trottoirs au petit matin. Ce sont les garçons bruns et souriants qui ensoleillent les nuits du Barrio Alto. C'est ce dimanche à la Praia, inoubliable. Lisboa, tu m'as plu et je retrouverai tes délices sans tarder. Le Diable est un animal urbain, les délices de Lisbonne font échos aux ébats de Barcelone, aux démons de Montréal ou aux bears de Berlin. Toutes ces villes qui rythment nos rencontres, tous ces départs de Paris, ce pari de partir.
Ainsi, je te retrouve encore, Paris, ville diablesse, que j'aime et je déteste. Te revoilà, revêche et généreuse, comme lorsque je te découvris la première fois, t'en souviens tu ? Tu finis toujours par me manquer, pour celà je t'en veux mortellement. Dévorante et cruelle, tu ne doutes jamais de mon retour... de mon trépas à Paris.
Non, ce titre n'annonce pas une diatribe enflammée (ben oui forcément enflammée) sur la grève de la semaine dernière. Je ne ferai donc pas pleurer ce soir mes amies quadragénaires de gauche qui se reconnaitront même si c'est assez tentant de broder sur ces manifestants "contre la crise" (oui, la crise je suis contre, comme la faim dans le monde). Ce titre ne fait pas plus référence au silence dans lequel je vous ai plongé, chers adeptes, depuis de trop nombreux jours. Bon, le Diable a pris quelques libertés et est allé se rafraîchir le poil au Canada un petit week-end avec son diablotin. En fait, je voulais juste dire un grand merci à la ville lumière pour son sens proverbial du service qu'il est si bon de retrouver. C'est lorsque vous revenez de l'étranger que vous réalisez votre chance de vivre à Paris. Ici, point de bonjour tonitruant dans chaque boutique, aucun vendeur pour vous faciliter la vie ou simplement vous demander ce qu'il peut faire pour vous aider, et surtout personne qui se précipite pour vous apporter eau, pain et menu dès que vous prenez place au restaurant... le bonheur, quoi ! Je me délecte à nouveau de pouvoir réagir chaudement lorsque ma caissière de Monoprix m'explique sur un ton de général prussien qu'il faut mettre la barre "client suivant" pour espérer la voir s'agiter le code-barre ou de pouvoir féliciter ces divas des boutiques capitales qui vous tendent vos achats avec cet air vaguement nauséeux et tellement chic que nous envie la province.
Ils m'ont tellement manqué outremer que j'ai décidé de réagir désormais systématiquement avec un scandale du Diable à chaque manifestation trop marquée de cet accueil so parisien, histoire de rajouter une bande son aux ambiances lounge qui prévalent en ces lieux. Cela amusera beaucoup mon diablotin qui adore, lui, terroriser les réceptions d'hôtel dès qu'il arrive dans un établissement et y constate le moindre manquement. Enjoy ;-)
Et voilà, la décision est prise. Elle est irrévocable. Je suis l'anti-autre, le porteur de lumière, le côté obscur de la force, vous savez qui, ... mais si. Je suis le Diable et vous suivrez dans ces lignes ma "vie" et surtout les réflexions que vous m'inspirez pauvres mortels. Après tout, l'Autre a bien publié ses testaments (alors même qu'Il se prétend immortel, bonjour la logique), pourquoi pas moi ?
C'est après mes 20 ans que j'ai compris qui j'étais. Le choc est rude, surtout pour mes pauvres parents...mais voilà je suis celui dont on ne prononce pas le nom impunément...je suis le Diable.