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mardi 19 mai 2009

Entre loups et chiens


Samedi, on ne veut pas dormir, soirée entre amis. Du coup, nous décidons de rentrer dimanche à la maison. C'est un choix heureux, ce qui nous attend aurait été tellement convenu pour une journée contre l'homophobie. Diablotin me tient la main dans la nuit. Au loin, je repère une meute de jeunes chiens, ils sont cinq ou six à lutter sur le trottoir contre les doses d'alcool trop fortes pour leur âge, la frustration peut-être aussi, deux filles viennent de quitter le groupe. Diablotin me tient la main dans la nuit qui s'attarde. Bien sûr, cette main peut être lâchée mais il n'en est pas question. Nous recevons les premiers aboiements sans surprise, un simple remake un peu ancien. Diablotin fait front et ses yeux verts sont à peine voilés de colère. Il sent ma main dans la sienne, je suis là. Un mépris incontrôlable remonte comme une nausée et déborde du regard que je verse à l'un des chiots qui jappe sur nos arrières. Les mots choisis par Diablotin atteignent un petit mec et lui raniment quelques neurones. Il est black, il sait les venins de la bêtise ordinaire. La meute se tait, muselée un moment. Nous tournons sans hâte dans notre rue en leur souhaitant une bonne nuit canine. Les jappements reprennent de plus belle et rebondissent sur les façades comme une parade sonore. Nous sourions. Diablotin me tient la main dans la nuit qui finit.

Ce n'est pas grand chose, juste une anecdote nocturne qui peut arriver à des diables, à des filles, à des mortels. J'ai presque de l'indulgence pour ces jeunes chiots plus bêtes que vraiment méchants. Un petit clapotis de vie, donc. Le plus indigeste est ailleurs, à l'intérieur, cette impression vaguement amère que ces trente années à peine dépassées n'ont servi à rien, qu'en quelques mots le diable se retrouve dans une cour de récré, les oreilles sifflant sous les aboiements, et cette nausée qui revient si facilement.

samedi 7 mars 2009

Journée de la bonne copine


Je rends ici hommage à toutes ces filles que je n'ai pas aimées avant. Elles furent forcément les premières que je mettais dans la confidence de ma diablerie. Souvent, soeur ou amie, simple fée ou ombre maternelle, elles ignoraient combien ce flot continu de paroles m'était si nécessaire, souffle presque vital. Me raconter, me redire, me détailler, l'ego du Diable les attirait comme un trou noir. Certaines en tombèrent même amoureuses, me forçant à m'expliquer, encore moi et moi. J'espère seulement que cette vague verbale à sens unique ne vous a pas trop noyées les filles. Hommage à vos courages, à vos combats, à cette moitié d'humanité dont, parfois, je partage les rêves. Orage à vos faiblesses, à vos larmes si faciles, à cette moitié de nous qui ne réveille en moi aucune ardeur. J'éprouve parfois ce sentiment bizarre de vous croiser sans vous voir vraiment, trop occupé avec l'autre moitié peut-être.

Etrange cette journée de la femme qui sonne comme une affection honteuse. Ne songer à vous qu'une fois dans l'année ? Allons, vous occupez mes pensées bien plus souvent. Qu'elles ne soient pas coquines ne les rend pas moins ardentes que diable.

mardi 23 décembre 2008

Grève du zèle chez Belzébuth

Histoire de vous aider à passer cette période honnie avec un peu de soutien, mon principal lieutenant a décidé sans préavis une grève du zèle. Sur le modèle qui vous est cher, les hordes de travailleurs démoniaques ont choisi un des moments les plus intenses de l'année en terme de trafic (les suicidés et autres accidentés sont légions en fin d'année) pour manifester. Manifester pour quoi me direz vous ? Euh, bon, les revendications sont en cours de rédaction. C'est une grève préventive avec une vague histoire d'horaires à modifier, enfin un truc fondamental dont l'enjeu justifie parfaitement les files de damnés qui se pressent aux portes de l'enfer (certains usagers sont d'un grossier dans ces situations !).

Un petit avant-goût de ce qui les attend derrière les lourds battants infernaux en somme. Donc, comme je vais avoir du boulot par dessus les cornes et que les cantiques de minuit me donnent de l'urticaire, vous aurez droit à 48h sans chronique. Oui je sais, c'est insoutenable.