dimanche 10 mai 2009

Un job d'enfer (Lost - épisode 2)



Jour 65 ? je ne sais plus, subi mon premier orage tropical, il paraît qu'il y en a pour deux mois, les trombes d'eau m'ont presque plaqué au sol, vive le crachin breton ! Jour 66 : le ciel est bleu, la mer me donne mal au coeur. Jour 67 : sodomisé Ben le bénitier, c'était romantique. Je préfère les cochons sauvages mais ils sont bien plus difficiles à attraper que mon coquillage préféré et puis, mon stock de préservatifs contre la grippe porcine est épuisé. Jour 68 : bleus à l'âme, vert de rage, que suis-je venu faire dans cette galère australienne ? Jour 69 : mon blog vient d'être interdit au moins de 18 ans, à la demande d'une association de protection animale. Jour 70 : ciel bleu ou pas, mer turquoise ou vert pisseux, m'en fiche. C'est décidé, je démissionne. J'ai rédigé ma lettre entre deux insolations mais je ne sais pas comment faire partir un recommandé. Pas de bureau de poste sur cette p#&?!! d'île. Jour 80 : je viens de relire mon contrat, le préavis est de trois mois, la corde a cassé quand j'ai voulu me pendre à une anémone de mer, même pour rire qu'on ne me parle plus jamais de vacances au soleil. Jour 85 : J'ai l'impression que le bernard-l'ermite me regarde bizarrement. J'ai peur. Suis rentré sous ma moustiquaire et j'ai pleuré très fort. Jour 90 : maman, viens me chercher !

Bref, vous l'aurez compris, je ne suis pas diablement convaincu que le petit gars ait décroché le job du siècle. Je lui conseille de bien négocier les clauses de retour et de se faire financer par le Queensland (ça ne s'invente pas !) à l'origine de cette idée les caisses de Meloxil et de Zoprac. Et vous, auriez vous posé votre candidature ?

vendredi 8 mai 2009

Un job d'enfer (Lost - épisode 1)

Bloody hell, I got the job! Jour J : arrivée sur l'île, le ciel est bleu, la mer turquoise. Le bateau est parti maintenant, tout n'est qu'azur et émeraude, senteurs sucrées de ma nouvelle demeure, une superbe villa. Jour 2 : le ciel est bleu, la mer turquoise, petit tour de mon île, Dieu est mon voisin, je suis au paradis. Jour 3 : J'ai ouvert mon blog, je partage mon expérience avec le monde entier, c'est le rêve. Je leur montre le ciel bleu et la mer turquoise. Jour 6 : le ciel est bleu, la mer turquoise, maman a promis de m'envoyer des chocolats de chez Harrods. Jour 15 : les internautes me donnent des défis à réaliser, je poste les images le lendemain, ce que c'est drôle ! Jour 20 : Les chocolats sont arrivés ! Hélas tout a fondu pendant les deux semaines de transport. Du coup, je rape une noix de coco pour me faire des bountys. J'ai tout vomi, les oeufs de tortue, ça ne passe pas. Jour 30 : Le ciel, gna gna gna, posté les photos où je fais le tour de la plage à cloche-pied puis sur les mains, les défis des internautes sont vraiment super... cons. Jour 40 : j'ai abandonné le maillot, il n'y a anyway que les crevettes et mon postérieur que cela fait rougir. Ah si, hit de visites sur le blog quand j'ai ôté le slip. Jour 50 : ciel turquoise et mer bleue, pourquoi ai-je envie de pleurer ? Jour 60 : je suis super content, j'ai vu un nuage dans le ciel ce matin ! J'en ai parlé avec mon nouvel ami, un coquillage, je l'ai appelé Ben le bénitier.

Notre robinson en CDI va t'il continuer son journal ? Le nuage va t'il revenir ou partir sans laisser d'adresse ? Les crevettes sont-elles solubles dans l'eau salée ? Deux couches de crème solaire indice 20 équivalent-elles à un indice de protection 40 ? Y a t'il une vie sexuelle sur cette île ? Vous le saurez en lisant très bientôt Un job d'enfer (Lost - épisode 2) sur leschroniquesdudiable.fr

mercredi 6 mai 2009

Nightcrawler


Le Diable est une créature nocturne qui a écumé toutes les ténèbres et ténébreux parisiens du temps de sa splendeur. Née comme une bête autonome et indépendante sur les berges de Loire, ma vie éveillée a passé bien des crépuscules et retrouvé bien des petits matins sur les rives de Seine. Qui n'a regagné sa tanière en traversant le pont Alexandre III dans la brume de l'aube ne connaît rien des plaisirs capitaux. J'aime encore aujourd'hui ce philtre étrange qui peut vous faire passer des heures au côté de gens improbables que vous ne regarderiez même pas à la lumière crue du soleil, boucher impitoyable qui décortique tous nos défauts (surtout les vôtres). La nuit est une bonne fille, elle les gomme à sa manière. Hélas, le Malin trouve les clairs-obscurs de la ville lumière de plus en plus fades ! Acquitter ses dizaines d'euros pour finir en boîte comme une sardine au milieu des effluves de transpiration et de parfums au sexe incertain (d'accord, c'est mieux que les sexes au parfum incertain), devoir jouer des cornes pour espérer accéder au nirvana d'un gros (très gros) glaçon à peine parfumé au gin-to, subir une climatisation indigne d'un hôtel de passe du tiers-monde, patauger dans le cloaque des "WC" et retrouver chaque mois la même programmation cralie-fozy-vore, voici donc le programme de pauvres diables ! A moins de carburer aux substances qui vous élargissent la pupille, il faut vraiment être en diablotine compagnie pour apprécier.

C'était mieux ailleurs, c'est mieux avant... ou l'inverse ! Au risque de passer pour un nightcrawler un poil snob, je conseille à nos divas parisiennes des petits tours à London, Bruxelles ou Montréal (argh Lisboaaaaaa) pour découvrir ce que s'amuser veut dire. Elles en lâcheront peut-être cette moue permanente et cet air to have de pintade dérangée en pleine ponte qu'elles affectionnent en ces places to be.

dimanche 3 mai 2009

La Nouvelle Star sera vieille et laide



Bon, je glose encore sur cette émission cul-culte mais la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité vient de frapper un grand coup pour les droits des minorités. Elle a émis une recommandation à propos de la "nouvelle star" en reprochant à la chaîne et à la production le règlement qui limite à 34 printemps le droit de venir nous casser les ... oreilles. Désormais, Kevin-Brian et Leïla-Joanna vont devoir affronter Marcel, Roger ou Denise et grâce à la Halde, Baltard sera l'arène des conflits inter-générationnels. On frémit à l'idée des chorégraphies à plusieurs que pourront éxécuter, dans tous les sens du terme, les futurs candidats mais après tout, pourquoi pas ? Vous connaissez sans doute le phénomène du moment : Susan Boyle, la dame d'âge certain révélée par l'émission Britain's got talent et visionnée par des millions de personnes sur le net. Le plus bizarre de cette histoire est que tout le monde relaie son aventure sur le mode "mon Diable, comment une femme aussi moche peut chanter aussi bien ?"

La cruauté de ces mises en gloire aussi soudaines qu'éphémères ne cesse de m'étonner. Il est acquis comme un fait que cette pauvre Susan est laide. C'est même l'un des ressorts de sa célébrité... Susan devient le symbole que voix d'ange et beauté du Diable ne vont pas forcément de pair. Pourtant, je ne chante pas si mal !

jeudi 30 avril 2009

Gruik ? Gruik !


J’ai déjà partagé avec vous quelques carnets de voyages en Hypocondrie, cette charmante destination touristique. Mon prochain trip est tout désigné : le Mexique bien sûr ! Cette nouvelle hystérie médiatique (l’avenir nous dira si elle était justifiée ou si on nous fait prendre, une fois n’est pas coutume, des vessies de porc pour des lanternes) est le terreau idéal pour que je me développe quelques symptômes bien à moi, histoire de participer un peu à cette foire au cochon collective. J’hésite un poil cependant, car il n’était déjà pas ultra chic de trépasser d’une grippe du poulet, mais rendre l’âme, concept potentiellement difficile à accepter pour le Diable, à cause d’un cochon n'est vraiment pas un summum du glamour. « Ci-gît le Diable, terrassé par un cochon », avouez que l’épitaphe manque de panache ! Cochonnes et cochons vont encore vivre des heures sombres de mise à l’index. Ce n’est pas forcément désagréable, encore faut-il que ce soit consenti. Manger ou écrire comme un cochon, sans mentionner des jeux encore plus cochons, va devenir un crime bien pire que de télécharger un film cochon ou Jamón Jamón. J’en profite pour vous conseiller ce film espagnol où Javier Bardem, au demeurant loin du top modèle, éclabousse l‘écran de testostérone. J’en ai encore la couenne toute hérissée. De porc en porc, le voyage s’annonce donc mouvementé pour les hypocondriaques. Inutile de vous dire que si un glissement sémantique s'effectue de "grippe porcine" à "mexicaine" ou "nouvelle grippe" (so hype), je considérerais à nouveau l'opportunité d'en mourir.

Plaisanterie mise à part, je viens d’entamer un lobbying discret mais ferme auprès de mon diablotin d’amour. Diablotin a des ailes, donc il vole. Figurez vous que son plan de vol lui colle gentiment deux voyages pour aller manger des fajitas et s’affubler d’un sombrero ce mois ci. Moi vivant (j’ai encore quelques semaines devant moi), il n’en est évidemment pas question ! Cochon qui s’en dédit !

lundi 27 avril 2009

Le Diable m'appelle



Le Diable m'appelle parce que c’est un poil plus chic que Satan m'… La gente féminine dont je partage bien des secrets est une source perpétuelle d’étonnements. Je creuse donc le sillon de mon coming in récent. Je viens ainsi d’apprendre au détour d’une confidence du week-end qu’après des décades de libération du joug machiste, des rites mystérieux et obscurs régnaient encore sur « la première fois » avec un partenaire mortel masculin. Les pratiques gymnastiques de cette première apparemment si lourde de sens conditionneraient ainsi la case dans laquelle vous range votre partenaire d’une nuit … ou d’une vie. Et donc, poursuivant cette logique imparable, pour être dans le tiroir « potentielle femme de maaaaa vie » du placard versus « joujou provisoire du soir pour mon vit », il vaudrait mieux s’en tenir à la stricte mission de la position du même nom. Bannir toute fantaisie orale qui vous fait immédiatement voguer vers la berge des femmes légères serait l’ AV-ave de cette liturgie. Ne parlons même pas d’autres jeux intérieurs qui risqueraient de vous voir réveiller au petit matin avec une liasse de billets sur la table de nuit (uniquement s‘il est gentleman) ! Ces théories me laissent très perplexe mais j’ai une confiance suffisante dans mes succubes pour ne pas douter de leurs croyances.

Ainsi, nos mâles n’auraient pas vraiment changé et la future mère de leur progéniture doit surtout garder dignité et rester coite au premier coït. Mon Diable, quel obscurantisme ! Dans le pays joyeux des démons heureux, c’est presque l’inverse : l’enjeu de la première représentation est d’épater la galerie avec vos cabrioles, histoire de bien montrer qu’il y en a sous le sabot. Courbatures ou vergetures, il faut choisir.

samedi 25 avril 2009

Coming in


Après cette saillie politique, nous allons alléger le propos et nous embarquer à nouveau vers des régions plus agréables de l’enfer, celles du sexe et de la luxure. J’ai remarqué que cela soutient mes chiffres de visites car, croyez le ou non, certains lecteurs arrivent sur ces lignes après avoir cherché des mots comme « échangisme » ou « étudiant sexy » sur le web (bon, les derniers mots-clés qui m’ont bien fait rire sont « paic citron » et … « diable perchiste » qui m’a laissé très perplexe sur les motivations de certains internautes). C’est un jour important pour le Diable car peu de personnes sont conscientes de ma vraie nature (vous souvenez vous de cette ritournelle pour barre de céréales OGM ?). Je vais donc coucher sur ces pages mon terrible secret, ma différence, vous jeter mes aveux à la face comme on se débarrasse d’un mauvais souvenir : oui, j’ai commis le péché de chair avec des ribaudes. Il y a plusieurs années de cela, je me laissai convaincre plusieurs fois (au moins trois) par des tentatrices mortelles. Quelles erreurs ont bien pu commettre mes parents dans le kit de montage pour que j’en arrive là ? Père abusif ou mère absente ? Immaturité affective ? Destin génétique ou conséquence de l’acquis ? Toujours est-il que je fus mortel par trois fois.

Je ne livrerai pas ici de détails trop gores mais disons simplement que je n’y mis que le strict nécessaire, en terme d’extrémités à tremper. Je ne suis pas sûr que ce « minimum syndical » ait laissé des traces inoubliables dans les souvenirs des jeunes filles concernées. De mon côté, je ne dirais pas que c’était horrible ou foncièrement désagréable, il est par exemple bien plus pénible de se retourner une griffe ou de se fouler le sabot. Cela eut au moins le mérite de me rassurer : Diable j’étais, Diable je serai.