samedi 21 novembre 2009

Beau toxique


Mes amis croient souvent que je suis snob parce que mes gâteaux d'anniversaire sont signés par des pâtisseries où le gramme de sucre vaut son équivalent d'or alors qu'il s'agit juste pour moi de respecter un grand principe de vie : jamais les bougies ne doivent coûter plus cher que le gâteau. Les années avançant, les gâteaux deviennent hors de prix. That's life! Un matin (pas demain matin hein), je rentrerai dans ma salle de bain et malgré ses apparences de rayonnage de Sephora, le miroir m'apprendra brutalement que l'acide hyaludrique au retinol A hydro-sulfuré n'est PAS si efficace. Après quelques heures d'effondrement intérieur genre 2012, le film, ma résolution sera faîte : il me faudra une seringue là de suite. Malgré mon courage vacillant, je piquerai et j'injecterai vaillamment dans la peau du front l'élixir plastifiant avec l'espoir d'une Bernadette. Bien entendu, comme je suis allergique à à peu près tout, il est probable que la tentative fasse passer Elephant man, le film, pour une publicité L'Oréal à la vue du résultat. Qu'importe, imaginons que cela dégonfle. Et là, enfin l'extase !

Les yeux écartillés, les paupières sous poppers, les sourcils au garde à vous et le front lisse comme une barbie avant ménopause, j'aurai enfin cet air d'étonnement perpétuel, un peu comme si je venais d'apprendre que notre beau pays était passé au mariage entre diables. Le bonheur, je vous dis.

jeudi 12 novembre 2009

Talons et crampons


Cette deuxième saison des chroniques du Diable manque un peu de saveur, non ? Alors retournons (hum) un moment dans les contrées torrides et infernales et parlons un peu de sexe ! Enfin, je veux dire de sport. J'aurais pu consacrer ce post à une actualité récente particulièrement fournie sur les troubles rapports des diables et du sport. Du refus d'une équipe de foot d'outre-périph de toucher les balles des joueurs du Paris Foot Gay (la réconciliation droite aux buts est semble-il bien engagée) jusqu'aux mots tendres de "petite tarlouze" (tarlouze OK, mais "petite" faut pas pousser), adressés à un joueur par un Président de club à la finesse proverbiale (la photo qui tue), les sujets de réjouissance ne manquent pas. Je préfère cependant partager avec vous un étonnement éternel sur l'hypocrisie des diables et des mortels dans ces lieux de sudation au masculin, là où le réconfort suit l'effort, à savoir les vestiaires et salles d'eau partagés dans les clubs, les "gyms" comme on dit à Montréal. D'un côté, les diables qui prétendent ne fréquenter ces temples du musc que par amour de la fonte des graisses (ha si seulement c'était aussi un effet du réchauffement planétaire) ne sont que de vilains menteurs. D'un autre, les mortels qui, après avoir embrassé leur copine (véridique), passent une heure dans le plus simple appareil, de l'urinoir ( ! esprit pratique, me direz-vous) à la douche et au sauna, en jouant du muscle au son de viriles éructations, me sont pour le moins suspects. Je rassure ces dames : il y a aussi quelques mortels spécimens au regard apeuré qui gardent leur slip comme un rempart avec barbelés et armes de dissuasion. J'ai, évidemment, tendance à voir le Mal partout. Mais entre la statue grecque mais mortelle qui s'amuse à venir se doucher systématiquement à mes côtés et le Diable qui affecte une indifférence totale avec le regard bovin de mise en ces lieux (argh, il est bien musclé de partout ! ) ... qui est le plus hypocrite ?

Ces petits jeux réciproques ne sont pas bien méchants. Ils me font de loin préférer les gyms old school à l'ambiance mixte et bon enfant aux élevages ultra-modernes de pintades stéroidées que sont devenus certains clubs de la capitale. Certains diables ont le réflexe pavlovien de transformer tout endroit humide en backroom, moi je milite pour garder à ces lieux interdits aux filles leur amusante ambiguïté. C'est bien plus drôle.

mardi 10 novembre 2009

Chute des murs ?


Ha cette obsession mortelle pour la maçonnerie fût-elle invisible : monter les murs, se lamenter sur leur existence, appeler à leur destruction pour mieux rêver d'un monde pataugeant dans la tolérance et la fraternité universelles, quelle blague franchement ! Je n'évoquerai ici que le mur dont je parcours les aspérités depuis des années, celui qui s'érige plus ou moins haut, plus ou moins réel, entre diables et mortels. Entendons nous, il n'est point question de s'en réjouir ! J'entends d'ici les partisans du droit à l'indifférence mais je les invite à lire les commentaires ou réactions qui parsèment le web dès que les diables sont invoqués, ou juste évoqués. On ne peut évidemment que saluer les nombreuses passerelles qui traversent ce mur depuis des années maintenant. Mais à l'apparition de toutes ces portes et ces fenêtres (et pleins d'autres ouvertures que je vous laisse imaginer, petits malins) pourquoi encore rêver de sa disparition complète ? Plutôt qu'une illusoire sympathie automatique et politiquement correcte pour l'autre côté, n'est ce pas plus simplement l'empathie qui nous manque. Préférer comprendre les différences à cette abominable et condescendante notion de tolérance. Comprendre que des parents mortels puissent avoir rêvé d'autres choses, comprendre que les diables aient envie des mêmes droits, comprendre l'ignorance, les doutes, les clichés, les questions plus ou moins adroites. Comprendre plutôt que nier est à mon sens le moyen d'éviter les batailles perdues d'avance et de ne pas se prendre le mur en pleine face.

Alors, laissons ce mur invisible là où il est, cessons de trépigner en exigeant sa destruction, reconnaissons le, cartographions le pour mieux le passer dans les deux sens (ou pour s'amuser dessus en funambuliste bi). Un mur, c'est là pour ça : être ébréché, troué, franchi, traversé, contourné, et finalement ... sauté bien sûr. Faisons le mur avec un peu d'humour.

dimanche 8 novembre 2009

Cadeau



Pour célébrer ce glorieux retour au plus haut des cieux, le Diable vous propose un deuxième post de nuit (bon, c'est exceptionnel dans tous les sens du terme) avec cet Everest du kitch, duel au sommet entre la blondasse et la rouquine (j'adore, on se croirait dans Dynastie). Najoua a encore frappé et je n'ai plus les mots pour célébrer le grandiose... Il y a des jours où le Diable reste sans voix. C'est aussi une petite vengeance personnelle envers M dont le concert au SDF a été l'une des pires soirées de ma vie. Je nous revois, Diablotin et moi, dans cette chape de glace née d'une stupide dispute ... heureusement, il y aura Bruxelles. Alors oui je sais, vous n'en pouvez plus de ma générosité, mais comme dirait Marie Laforêt (il faudra que je vous en reparle de celle là), c'est cadeau ...


Enjoy :-)

Le Diable 2



Les silences ne s'expliquent pas. La fin d'été a été une succession de jours d'orage pour le Diable et Diablotin. Le Styx n'est décidément pas un long fleuve tranquille et c'est sans doute bien ainsi, la routine n'est-elle pas la pire des choses ? La sortie des eaux tumultueuses et cette odeur apaisante d'herbe après la pluie sont néanmoins un vrai plaisir que je goûte comme un nectar retrouvé, pareil mais différent. Bon, il est désormais clair que le Diable n'alimente pas ses chroniques à l'encre des romantiques tourments ! Moi, qui ai été bercé par les auteurs du 19e, je ne ponds mes humbles bafouilles que l'esprit léger et taquin. Soirée saignante à point cette semaine avec Diablotin, l'invitation m'a été adressée à l'occasion de la sortie de la saison 2 de True Blood en France, série à la métaphore limpide (suivez mon regard) que je crois vous avoir déjà recommandée. Diable ou vampire, faut-il choisir ?

Je m'adresse à vous petits mortels comme si j'étais persuadé que vous veniez chaque jour sur ces pages depuis deux mois de mutisme. Ha la prétention du Diable ! Si un ou deux d'entre-vous passe malgré tout par ici, qu'il prévienne les autres que Malin est de retour.

jeudi 20 août 2009

Va te faire voir (Poli kala - épisode 2)


Le sport national grec n'est pas celui auquel vous pensez. Il s'agit bien d'aller se faire voir chez eux pourtant. Dès que le soleil décline et enfonce en bouillonnant la ligne qui sépare les bleus du ciel et de la mer Egée, c'est l'heure du "je n'ai rien à me mettre !". Il s'agit de ne pas passer pour un plouc ou encore pire pour un touriste américain. Pour cela, il est indispensable de participer au grand jeu de la promenade du soir. Il a lieu partout, Athènes, Paros, Mykonos town bien sûr. Les autochtones choisissent avec soin leur tenue et sans doute également celle de leur partenaire car il est très important d'exhiber aussi sa moitié, qu'elle soit pour la nuit ou pour la vie importe finalement assez peu pourvu qu'elle attire les regards. Le degré de légèreté de certains tissus et la longueur de certaines jupes ne permettraient pas aux jeunes grecques décolorées de faire trois pas dans une rue de Paris. Les Apollons locaux affectionnent particulièrement les pantalons très blancs et les chemises très cintrées (voire trop si excès de pita), l'option ouverte sur toison est toujours bienvenue. Le port de lunettes de soleil à 23 heures n'étonnera personne. Ainsi, la promenade peut durer des heures, le nombre de tours du quartier ou du village n'est pas un problème, ne pas hésiter à passer dix fois au même endroit pour être bien sûr d'avoir été regardé.

Evidemment, les diables se jettent avec gourmandise sur cette coutume hellenique et elle atteint des sommets de sophistication à Mykonos. On peut aimer ou détester. le Diable s'y prête volontiers. Je vous laisse imaginer les containers de vêtements et accessoires divers nécessaires pour tenir trois semaines à ce rythme. Heureusement que Diablotin a quelques facilités sur les excédents bagages !

mercredi 12 août 2009

Oh de Cologne !

Pour se remettre du choc émotionnel violent que constitue tout retour de vacances (et quand il s'agit de revenir de TROIS semaines dans les cyclades, c'est carrément un traumatisme), le Diable a non seulement boudé les chroniques style "post en grève" mais aussi s'est embarqué pour Cologne dès le week-end qui a suivi en guise de sas de décompression. Drôle d'idée d'aller jaser NRW (cela ne veut pas dire que je suis agacé, juste Nordrhein-Westfalen) me direz vous, eh bien justement le Diable maîtrise (enfin, maîtrisait dans ses jeunes années) la langue de Goethe, c'eût quand même été dommage de ne pas lire Faust dans le texte. En dehors de s'exercer la langue en compagnie de Diablotin, ce week-end fut surtout l'occasion de constater que les diables d'outre-rhin ne la jouent pas petite queue quand il s'agit de fierté. Une semaine complète de CSD (Christopher Street Day) et le sentiment que nous aurions quelques leçons à prendre en terme de fête et de convivialité. On peut rester perplexe devant les devantures de boucherie qui arborent les couleurs de la cause, mais voir tout le centre-ville dédié à l'événement arc-en-ciel et les hordes de garçons et filles qui l'envahissent reste assez impressionnant. Je ne suis pas fan des parties qui réunissent des milliers de gym-queens n'étant ni musclor ni Xfactor mais je dois avouer que la méga-soirée à L'Arena valait le déplacement à elle-seule. Bon, il faut quand même exercer son parisianisme malicieux : certes, les indigènes sont bien faits, ouverts, chaleureux et bien plus accueillants que les divas de la ville lumière. Ceci étant, il faut quand même avoir un certain goût pour les sexualités extrêmes, trait connu de nos amis germains.

Ainsi un fétichisme appuyé pour les sandales et la bière vous permettra de mieux vous adapter que votre panoplie Paul Smith et gin tonic. Le seul désagrément du week-end aura été de croiser à chaque détour de rue, coin de dance floor ou stand de saucisses (miam les Krakauer) un individu étrange atteint de TOC gestuels épuisants. C'est en tapant innocemment sur YouTube que nous sommes retombés dessus. Impossible d'y échapper, je vous dis (voir vidéo).

dimanche 28 juin 2009

36 heures (Poli kala - épisode 1)


Hello mes loulous, vous me pardonnerez et cette familiarité excessive et mes promesses non tenues pour les épisodes du Diable en vacances (depuis quand le Diable tient-il ses promesses ?). Nous voici revenus dans un soleil parisien un peu tapiole par rapport à son cousin grec mais bon, l'azote et le CO2 de Paris ont le charme du Heimat que n'ont pas ceux d'Athènes. En guise d'excuse, un cliché plus personnel que d'habitude... à vous de deviner qui est qui mais profitez en car ça n'arrivera pas souvent dans les chroniques. J'ai le plaisir de vous dire que mes pronostics d'une douzaine d'heures pour rejoindre Naoussa à Paros étaient très petit bras ... nous avons battu notre record avec 36 heures de voyage soit environ le temps de faire deux allers-retours aux Antilles ! Les ferries pour les îles ont fait l'objet d'une OPA par les athéniens en notre vendredi d'arrivée, leur lundi étant férié pour d'obscures raisons orthodoxes sans doute. Nous avons donc dû flâner dans Plaka avant de dormir au Fresh Hotel au design fluo-minimaliste vu sur Paris Première. Pour le prix de deux Ibis à Paris (enfin, j'imagine, je ne descends pas dans les Ibis sauf pour les mariages à Cannes, je vous raconterai), la suite de l'hôtel vaut vraiment le coup pour les fans de Cendrine Dominguez. Nous passerons le samedi matin à la piscine sur le toît en attendant le ferry pour Paros.

C'est donc sans hystérie que nous gérons cet épisode 1 du Diable en vacances. J'ai fait preuve d'un calme olympien, moi qui déteste que mes plans soient modifiés à l'improviste. Bon, les vacances sont une cause qui mérite d'éviter de se prendre les cornes pour rien. La suite à l'épisode 2 (ha oui, ravi de vous revoir).

jeudi 4 juin 2009

Paris Paros

Enfin (Diable, que c'est bon), les criques grecques n'attendent plus que nos délicats postérieurs. L'envol est pour demain et le Diable ne cache pas son plaisir même si le graal d'un petit verre d'ouzo dans la douceur cycladique du crépuscule à Paros se mérite : près de 12 heures d'expédition nous attendent ! Le vol pour Athènes est suivi du trajet en bus vers le port du Pirée et son ambiance déjà toute méditerrannéenne (comprendre bruyante) entre les bellâtres à chemises ouvertes et les brunettes au visage mangé par des lunettes de soleil extravagantes. Il faut ensuite patienter entre trois et quatre heures en flânant au Pirée sous un soleil de plomb dans l'attente du premier ferry de l'après-midi (pas de ferry à l'heure de la sieste... grrr). N'ayant pas particulièrement le sabot marin, c'est en général un peu vert olive que je débarque ensuite entre quatre et six heures plus tard à Parikia, le port principal de Paros. De là, c'est en jeep que nous rejoindrons Naoussa, les cheveux dans l'air saturé de thym. Les vacances commenceront.

Je ne garantis pas une régularité horlogère pour publier les chroniques du Diable en vacances : le Diable à la plage, le Diable se tartine de lait solaire au tzatziki, le Diable n'aime pas les gros poissons qui le regardent barboter, le Diable parle grec, ... Mais j'emporte quand même un mini-me PC pour essayer d'attraper un wi-fi, fût ce en grimpant sur une chèvre. Promis, je ne vous laisse pas orphelins petits mortels et diablotins. En attendant, ne soyez pas sages !

UMP (et non PS, pour respecter les espaces électoraux) : le record d'une vingtaine de lecteurs quotidiens a été franchi la semaine dernière... travaillez pendant les vacances du Diable et recrutez moi de jolis lecteurs.

mardi 2 juin 2009

Rio ne répond plus


Le vol AF447 ne répondra donc plus. On dirait un titre d'album de Tintin et pourtant. Le Diable n'est pas doué pour les sanglots mais je voulais quand même dédier ces quelques mots aux navigants et à leurs proches. Au delà du terrible et infini réconfort de voir Diablotin s'ébattre à la maison, les ailes sagement repliées en train de préparer nos futures vacances, au delà du refus de se faire peur sur les funestes hasards d'un planning de vol, j'adresse une affectueuse pensée à toutes ces créatures ailées qu'il me donne l'occasion de croiser, le temps d'une escale, le temps d'un vol, le temps d'un souffle. Le vent du destin s'est abattu sur douze d'entre vous, peut-être nous connaissions nous seulement de vue, peut-être pas. Aucun de nos intimes ailés n'étaient au dessus de l'Atlantique cette nuit là. Mais combien je me sens proche de vos familles et de vos amis que mordent cruellement les douleurs du vide et de l'absence depuis ces heures d'orage. Combien je sais les difficultés de vos métiers, sous les images d'Epinal. Combien j'aime votre légèreté et votre envie de vivre au dessus des laideurs du monde. Combien je sais les fatigues, les nuits d'hôtel "lost in translation" et les jet-lags des retours à Paris. Combien j'aime cette adolescence éternelle qui tutoie les nuages, et cette fulgurance chaleureuse que vous vous créez à chaque rencontre à 10 000 pieds. A vous, très sincèrement.

J'en profite aussi pour remercier tous les auteurs de ces sms, messages et mails inquiets pour Diablotin. Nous avons répondu à tous hier. Il est là et me sourit. Je refuse de jouer à "et si...", il mérite mieux. Nous décollons vendredi, la vie nous attend.

samedi 30 mai 2009

Blonde inside


Le Letton n'est pas seulement un alliage métallique mal orthographié, ce n'est pas non plus un pléonasme désignant une dame au physique discriminant (laid thon, oui j'ai un goût certain pour les calembours consternants). Non, le Letton habite la Lettonie et il a le moral dans les sabots en ce moment car il subit l'une des pires versions de la crise traversée par l'espace économique européen. Heureusement, le Letton a des idées pour rester dans la même positive attitude que Lorie. Ainsi une parade de blondes est censée avoir lieu dans la capitale Riga afin de redresser ... le moral des baltes déprimés. J'ai diablement eu d'abord un peu de mal à imaginer en quoi la vue d'une cohorte de perruques platines peut redresser quoique ce soit. Après réflexion, et une petite transposition maligne, l'idée de voir sous mes fenêtres, au réveil par exemple, un défilé de jeunes ou moins jeunes mâles bien nés et bien formés dans une tenue avantageuse me paraît une tentative de panacée à tester pour bien commencer une journée. Je serai moins regardant que nos soyeux septentrionaux sur la couleur de poil...

Ha la crise ! Je vous avais déjà raconté certains de ses effets collatéraux, elle a aussi des effets horizontaux. Des dames que nous qualifieront chastement de professionnelles se plaignent dans le quartier couleur d'enfer d'Amsterdam que les clients marchandent désormais presque systématiquement le tarif des prestations. Diable ! Ce n'est déjà pas très classe d'aller aux dames, si en plus on marchande... à quand la carte discount et les promotions (b)low cost ?

mercredi 27 mai 2009

Nouvelle star et Nice people


Autant le Diable traverse sans angoisse aucune mers et océans d'un coup d'ailes, autant le périphérique puis la Loire ont toujours constitué pour moi des frontières lourdes de sens. Ce n'est donc pas sans une certaine excitation que j'ai passé le week-end à Nice avec Diablotin. Nice, sa promenade, ses mafias russes ou italiennes et ses vieux ... oui, j'ai quelques clichés sudistes sous les cornes. Les Nice people, dans l'imaginaire du malin, sont chaussées de platform shoes roses pailletées ou affublés de chaînes en or très brillant sur poitrails très velus, ce dernier point étant plutôt réjouissant. Nos promenades m'ont confirmé que Sophia Antipolis a tout d'une silicone vallée mais l'outil artisanal local pour travailler cette merveilleuse matière de synthèse est plutôt le bistouri que l'ordinateur. Classe et distinction subissent de rudes assauts environ tous les trois mètres, le tout dans une bonne humeur bruyante et sous le soleil exactement. Il faut accepter ou fuir. J'ai accepté les coiffeuses cagoles, les kakous trempés à l'after shave et les minots qui crachent sur les tramways ... le temps d'un week-end. Je n'ai même pas cillé lorsque la tapenade et autres tomates séchées nous ont été vendues sans ticket de caisse sur le marché ou que le taxi pour l'aéroport considéra comme inutile la mise en marche du compteur. Je me suis extasié sur la "plage" de cailloux, sonorisée au mauvais r&b et d'une saleté assez exceptionnelle. Le retour en capitale par un jour d'orage ne m'attrista pas trop malgré tout. Je ne suis pas encore assez ou déjà trop vieux pour la vie en bord d'azur.

J'ai été surpris d'apprendre hier soir que Thomas, le chérubin déchu de la Nouvelle Star, n'était pas originaire de Nice. J'ai suffisamment salué le courage du wonder boy en terme de visibilité pour me permettre d'écrire qu'au fil des titres infligés à nos diables oreilles par notre champion du gel intime (capillaire bien sûr), ma solidarité et mon sens communautaires ont assez rapidement atteint leurs limites. Vraiment et définitivement too mèche pour moi ce poussin laqué !

PS : merci ma fée pour l'image

mardi 19 mai 2009

Entre loups et chiens


Samedi, on ne veut pas dormir, soirée entre amis. Du coup, nous décidons de rentrer dimanche à la maison. C'est un choix heureux, ce qui nous attend aurait été tellement convenu pour une journée contre l'homophobie. Diablotin me tient la main dans la nuit. Au loin, je repère une meute de jeunes chiens, ils sont cinq ou six à lutter sur le trottoir contre les doses d'alcool trop fortes pour leur âge, la frustration peut-être aussi, deux filles viennent de quitter le groupe. Diablotin me tient la main dans la nuit qui s'attarde. Bien sûr, cette main peut être lâchée mais il n'en est pas question. Nous recevons les premiers aboiements sans surprise, un simple remake un peu ancien. Diablotin fait front et ses yeux verts sont à peine voilés de colère. Il sent ma main dans la sienne, je suis là. Un mépris incontrôlable remonte comme une nausée et déborde du regard que je verse à l'un des chiots qui jappe sur nos arrières. Les mots choisis par Diablotin atteignent un petit mec et lui raniment quelques neurones. Il est black, il sait les venins de la bêtise ordinaire. La meute se tait, muselée un moment. Nous tournons sans hâte dans notre rue en leur souhaitant une bonne nuit canine. Les jappements reprennent de plus belle et rebondissent sur les façades comme une parade sonore. Nous sourions. Diablotin me tient la main dans la nuit qui finit.

Ce n'est pas grand chose, juste une anecdote nocturne qui peut arriver à des diables, à des filles, à des mortels. J'ai presque de l'indulgence pour ces jeunes chiots plus bêtes que vraiment méchants. Un petit clapotis de vie, donc. Le plus indigeste est ailleurs, à l'intérieur, cette impression vaguement amère que ces trente années à peine dépassées n'ont servi à rien, qu'en quelques mots le diable se retrouve dans une cour de récré, les oreilles sifflant sous les aboiements, et cette nausée qui revient si facilement.

samedi 16 mai 2009

Homopolitain...


...ou métrosexuel ? C'est l'une des grandes questions existentielles qui vous occupent le cervelet lorsque vous promenez vos sabots dans les rues capitales. Je ne pense vexer personne si j'écris que nos masculins mortels s'inspirent tant et bien, et depuis plusieurs années maintenant, des diables tendances en terme de look and feel qu'il est parfois difficile de déméler le vrai du faux. Ces messieurs ne sortent désormais que griffés ou ayant au moins jeté un oeil au miroir de longues minutes. Certaines de mes amies m'assurent que le vol de crème de jour est devenu le larcin le plus fréquent dans les mortelles salles de bain. Comment voulez-vous dans ces conditions qu'un pauvre diable s'y retrouve ? Repéré du coin de l'oeil, parfumé, les lunettes et le sac assortis à la barbe de trois jours, avec néammoins cet air de naïveté qui devrait nous alerter que nous faisons fausse route, le métrosexuel erre sur le trottoir. Bon Diable, vous sortez déjà les crocs à 50m et paf ! Madame déboule du coin de la rue, toutes voiles et trolls dehors. Très fière de son accessoire branché, elle s'en rapproche à grand pas non sans avoir vérifié d'un mouvement circulaire qu'il avait mis la bave aux lèvres à la moitié du 4ème arrondissement. Pendant que les codes vestimentaires sont un grand combat à Paris, les diables qui en ont vont encore se faire insulter et agresser à Moscou ce week-end.

Comme chaque année, le maire déclare la manifestation "oeuvre de Satan". Les délégations officielles du kitchissime concours de l'Eurovision qui a lieu dans la ville même ont fait une étonnante déclaration
"Nous serons en tête du cortège avec nos accréditations au risque de nous faire taper dessus. Nous soutenons la Gay Pride, et l'Eurovision est un concours très apprécié par les gays du monde entier. Nous manifesterons face aux forces de l'ordre !" Je laisse cette information à méditer à ceux qui pensent que tout est gagné.

mercredi 13 mai 2009

Sus aux dessous


Je ne sais pas quel dard vous pique depuis quelques jours, amis mortels, mais les slips, strings et autres tangas (non, ce n'est pas une boisson) envahissent votre actualité. Le premier coup de boutoir (hum) est venu par les femmes. Une association dénommée "les tumultueuses" a fait des remous en débarquant dans la piscine des Halles et en enlevant le haut pour "dénoncer la différence de traitement entre hommes et femmes". La flottabilité ainsi libérée, elles ont barboté une quinzaine de minutes avant de rentrer au vestiaire sous les regards timides de ces messieurs. La mise à nu est décidément à la mode, et je n'ose imaginer à quoi va ressembler la parade des diables dans les rues de Paris fin juin ! Ces dames, décidément gonflées à l'hélium, ont également, au Royaume-Uni cette fois, fait plier Marks & Spencer qui proposait les gros bonnets à des prix supérieurs aux tailles moins généreuses de soutien-gorge (à partir du F pour les férus d'alphabet). "We boobed" (on s'est planté, je vous laisse deviner la malice so british de la formule) a reconnu M&S. Du côté où ça fait mâle, une gentille lectrice tout à fait désintéressée me signale le lancement par l'élastique d'un shorty masculin (la version métrosexuelle du boxer) avec une poche horizontale intérieure pour remonter les virilités les plus déprimées. Dim sortirait en discrétion ce produit ciblé qui pour le moment n'a pas montré le bout de sa queue sur le net (je cherche toujours). Si vous en avez un sous la main ou ailleurs, faîtes nous partager vos premiers essais.

Je signale à mon informatrice que le Diable porte avantageusement (si si) depuis belle lurette ce genre d'artifice à manier toutefois avec précaution. En effet, une fois le paquet cadeau ouvert, il faut tenir ses promesses ! Rien de pire qu'un Aussiebum qui fait pschitt ! Les diables sont par nature plus aventuriers en ces domaines et mesdames, si votre jules en est encore aux caleçons à nounours ou à coeucoeurs façon eighties, n'hésitez pas à me l'envoyer pour un stage de formation immersif.

Mise à jour : notre généreuse lectrice a retrouvé le dimoniak perdu... enjoy

dimanche 10 mai 2009

Un job d'enfer (Lost - épisode 2)



Jour 65 ? je ne sais plus, subi mon premier orage tropical, il paraît qu'il y en a pour deux mois, les trombes d'eau m'ont presque plaqué au sol, vive le crachin breton ! Jour 66 : le ciel est bleu, la mer me donne mal au coeur. Jour 67 : sodomisé Ben le bénitier, c'était romantique. Je préfère les cochons sauvages mais ils sont bien plus difficiles à attraper que mon coquillage préféré et puis, mon stock de préservatifs contre la grippe porcine est épuisé. Jour 68 : bleus à l'âme, vert de rage, que suis-je venu faire dans cette galère australienne ? Jour 69 : mon blog vient d'être interdit au moins de 18 ans, à la demande d'une association de protection animale. Jour 70 : ciel bleu ou pas, mer turquoise ou vert pisseux, m'en fiche. C'est décidé, je démissionne. J'ai rédigé ma lettre entre deux insolations mais je ne sais pas comment faire partir un recommandé. Pas de bureau de poste sur cette p#&?!! d'île. Jour 80 : je viens de relire mon contrat, le préavis est de trois mois, la corde a cassé quand j'ai voulu me pendre à une anémone de mer, même pour rire qu'on ne me parle plus jamais de vacances au soleil. Jour 85 : J'ai l'impression que le bernard-l'ermite me regarde bizarrement. J'ai peur. Suis rentré sous ma moustiquaire et j'ai pleuré très fort. Jour 90 : maman, viens me chercher !

Bref, vous l'aurez compris, je ne suis pas diablement convaincu que le petit gars ait décroché le job du siècle. Je lui conseille de bien négocier les clauses de retour et de se faire financer par le Queensland (ça ne s'invente pas !) à l'origine de cette idée les caisses de Meloxil et de Zoprac. Et vous, auriez vous posé votre candidature ?

vendredi 8 mai 2009

Un job d'enfer (Lost - épisode 1)

Bloody hell, I got the job! Jour J : arrivée sur l'île, le ciel est bleu, la mer turquoise. Le bateau est parti maintenant, tout n'est qu'azur et émeraude, senteurs sucrées de ma nouvelle demeure, une superbe villa. Jour 2 : le ciel est bleu, la mer turquoise, petit tour de mon île, Dieu est mon voisin, je suis au paradis. Jour 3 : J'ai ouvert mon blog, je partage mon expérience avec le monde entier, c'est le rêve. Je leur montre le ciel bleu et la mer turquoise. Jour 6 : le ciel est bleu, la mer turquoise, maman a promis de m'envoyer des chocolats de chez Harrods. Jour 15 : les internautes me donnent des défis à réaliser, je poste les images le lendemain, ce que c'est drôle ! Jour 20 : Les chocolats sont arrivés ! Hélas tout a fondu pendant les deux semaines de transport. Du coup, je rape une noix de coco pour me faire des bountys. J'ai tout vomi, les oeufs de tortue, ça ne passe pas. Jour 30 : Le ciel, gna gna gna, posté les photos où je fais le tour de la plage à cloche-pied puis sur les mains, les défis des internautes sont vraiment super... cons. Jour 40 : j'ai abandonné le maillot, il n'y a anyway que les crevettes et mon postérieur que cela fait rougir. Ah si, hit de visites sur le blog quand j'ai ôté le slip. Jour 50 : ciel turquoise et mer bleue, pourquoi ai-je envie de pleurer ? Jour 60 : je suis super content, j'ai vu un nuage dans le ciel ce matin ! J'en ai parlé avec mon nouvel ami, un coquillage, je l'ai appelé Ben le bénitier.

Notre robinson en CDI va t'il continuer son journal ? Le nuage va t'il revenir ou partir sans laisser d'adresse ? Les crevettes sont-elles solubles dans l'eau salée ? Deux couches de crème solaire indice 20 équivalent-elles à un indice de protection 40 ? Y a t'il une vie sexuelle sur cette île ? Vous le saurez en lisant très bientôt Un job d'enfer (Lost - épisode 2) sur leschroniquesdudiable.fr

mercredi 6 mai 2009

Nightcrawler


Le Diable est une créature nocturne qui a écumé toutes les ténèbres et ténébreux parisiens du temps de sa splendeur. Née comme une bête autonome et indépendante sur les berges de Loire, ma vie éveillée a passé bien des crépuscules et retrouvé bien des petits matins sur les rives de Seine. Qui n'a regagné sa tanière en traversant le pont Alexandre III dans la brume de l'aube ne connaît rien des plaisirs capitaux. J'aime encore aujourd'hui ce philtre étrange qui peut vous faire passer des heures au côté de gens improbables que vous ne regarderiez même pas à la lumière crue du soleil, boucher impitoyable qui décortique tous nos défauts (surtout les vôtres). La nuit est une bonne fille, elle les gomme à sa manière. Hélas, le Malin trouve les clairs-obscurs de la ville lumière de plus en plus fades ! Acquitter ses dizaines d'euros pour finir en boîte comme une sardine au milieu des effluves de transpiration et de parfums au sexe incertain (d'accord, c'est mieux que les sexes au parfum incertain), devoir jouer des cornes pour espérer accéder au nirvana d'un gros (très gros) glaçon à peine parfumé au gin-to, subir une climatisation indigne d'un hôtel de passe du tiers-monde, patauger dans le cloaque des "WC" et retrouver chaque mois la même programmation cralie-fozy-vore, voici donc le programme de pauvres diables ! A moins de carburer aux substances qui vous élargissent la pupille, il faut vraiment être en diablotine compagnie pour apprécier.

C'était mieux ailleurs, c'est mieux avant... ou l'inverse ! Au risque de passer pour un nightcrawler un poil snob, je conseille à nos divas parisiennes des petits tours à London, Bruxelles ou Montréal (argh Lisboaaaaaa) pour découvrir ce que s'amuser veut dire. Elles en lâcheront peut-être cette moue permanente et cet air to have de pintade dérangée en pleine ponte qu'elles affectionnent en ces places to be.

dimanche 3 mai 2009

La Nouvelle Star sera vieille et laide



Bon, je glose encore sur cette émission cul-culte mais la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité vient de frapper un grand coup pour les droits des minorités. Elle a émis une recommandation à propos de la "nouvelle star" en reprochant à la chaîne et à la production le règlement qui limite à 34 printemps le droit de venir nous casser les ... oreilles. Désormais, Kevin-Brian et Leïla-Joanna vont devoir affronter Marcel, Roger ou Denise et grâce à la Halde, Baltard sera l'arène des conflits inter-générationnels. On frémit à l'idée des chorégraphies à plusieurs que pourront éxécuter, dans tous les sens du terme, les futurs candidats mais après tout, pourquoi pas ? Vous connaissez sans doute le phénomène du moment : Susan Boyle, la dame d'âge certain révélée par l'émission Britain's got talent et visionnée par des millions de personnes sur le net. Le plus bizarre de cette histoire est que tout le monde relaie son aventure sur le mode "mon Diable, comment une femme aussi moche peut chanter aussi bien ?"

La cruauté de ces mises en gloire aussi soudaines qu'éphémères ne cesse de m'étonner. Il est acquis comme un fait que cette pauvre Susan est laide. C'est même l'un des ressorts de sa célébrité... Susan devient le symbole que voix d'ange et beauté du Diable ne vont pas forcément de pair. Pourtant, je ne chante pas si mal !

jeudi 30 avril 2009

Gruik ? Gruik !


J’ai déjà partagé avec vous quelques carnets de voyages en Hypocondrie, cette charmante destination touristique. Mon prochain trip est tout désigné : le Mexique bien sûr ! Cette nouvelle hystérie médiatique (l’avenir nous dira si elle était justifiée ou si on nous fait prendre, une fois n’est pas coutume, des vessies de porc pour des lanternes) est le terreau idéal pour que je me développe quelques symptômes bien à moi, histoire de participer un peu à cette foire au cochon collective. J’hésite un poil cependant, car il n’était déjà pas ultra chic de trépasser d’une grippe du poulet, mais rendre l’âme, concept potentiellement difficile à accepter pour le Diable, à cause d’un cochon n'est vraiment pas un summum du glamour. « Ci-gît le Diable, terrassé par un cochon », avouez que l’épitaphe manque de panache ! Cochonnes et cochons vont encore vivre des heures sombres de mise à l’index. Ce n’est pas forcément désagréable, encore faut-il que ce soit consenti. Manger ou écrire comme un cochon, sans mentionner des jeux encore plus cochons, va devenir un crime bien pire que de télécharger un film cochon ou Jamón Jamón. J’en profite pour vous conseiller ce film espagnol où Javier Bardem, au demeurant loin du top modèle, éclabousse l‘écran de testostérone. J’en ai encore la couenne toute hérissée. De porc en porc, le voyage s’annonce donc mouvementé pour les hypocondriaques. Inutile de vous dire que si un glissement sémantique s'effectue de "grippe porcine" à "mexicaine" ou "nouvelle grippe" (so hype), je considérerais à nouveau l'opportunité d'en mourir.

Plaisanterie mise à part, je viens d’entamer un lobbying discret mais ferme auprès de mon diablotin d’amour. Diablotin a des ailes, donc il vole. Figurez vous que son plan de vol lui colle gentiment deux voyages pour aller manger des fajitas et s’affubler d’un sombrero ce mois ci. Moi vivant (j’ai encore quelques semaines devant moi), il n’en est évidemment pas question ! Cochon qui s’en dédit !